La legaltech: un service juridique low-cost

Article rédigé par Rudy Casbi pour Africa News Agency

Si le continent surfe toujours sur une croissance positive, il le doit au boom entrepreneurial qu’il connaît. Mais certaines étapes administratives longues et onéreuses freinent son développement, comme le juridique. Sur ce dernier point, des startups proposent des actes juridiques à bas coût.

Bien que les PME et startups fleurissent un peu partout, leur développement n’est pas aisé. Selon une étude de la World Bank Group Enterprise Survey réalisée en 2015 et parue sur le site officiel du FMI en 2016: 36,5% des entreprises du continent interrogées connaissent des difficultés de financement alors que la moyenne mondiale est de 27,5%. Cette tendance s’explique en partie par la frilosité des banques. Car selon cette même étude, 83,5 % des instituts bancaires du continent exigeraient un dépôt de garantie contre 78,7 % pour la moyenne mondiale. Face à ces défis, les acteurs publics et privés jettent leurs forces dans cette bataille.

Les premiers tentent de renforcer les dispositifs d’aides publiques à la création d’entreprises. En 1996, le gouvernement algérien avait crée l’ANSEJ pour favoriser l’intégration des jeunes à l’emploi (agence de soutien à l’emploi des jeunes). 22 ans plus tard, cette agence d’Etat s’est progressivement transformée en structure de soutiens financiers pour jeunes porteurs de projets. «En 2016, l’ANSEJ a financé près de 60 000 projets de micro-entreprises pour un montant total de 2,5 milliards de dollars», fait savoir l’institution. Cet apport leur est nécessaire pour l’achat de locaux, de matériels mais aussi pour payer les formalités juridiques liées à la création d’une entreprise.

 

La legaltech: un service juridique à bas coût

Premier coût – souvent oublié et pourtant non négligeable- pour de jeunes entrepreneurs : l’élaboration d’actes juridiques. Et dans ce domaine, une révolution pourrait bien changer la donne: La legaltech. Une blockchain qui se développe à grande vitesse sur le continent car elle est multi-fonction: « Il s’agit d’ubériser les services juridiques. Au lieu de vous rendre dans un cabinet, vous avez la possibilité de vous inscrire en ligne sur une plate-forme dédiée. On y proposer de pré-rédiger tout document juridique liée à votre société en conformité avec le droit OHADA. Il vous suffit de cliquer sur les éléments que vous voulez voir apparaître dans le document juridique souhaité », explique Cédric Dubucq cofondateur de Lex4, qui a lancé la sienne ce mois-ci. «En République Démocratique du Congo: la rédaction d’un acte juridique commercial auprès d’un cabinet peut grimper parfois jusqu’à 600 euros. Alors que pour le même service, nous sommes six fois moins chers», explique Youssouf Ballo, cofondateur d’une autre société de legaltech : Legafrik.

 

La legaltech menace-t-elle l’activité des cabinets juridiques?

Si les prix affichés par les sociétés de legaltech semblent attractifs: peut-on pour autant parler de précarisation du métier d’avocat d’affaires? Pas si évident que cela: « Nous ne pensons pas que cette offre précarisera les avocats. Chez nous, chaque avocat spécialisé en droit OHADA pourra s’inscrire sur cette plate-forme. Il devra au préalable s’acquitter d’une redevance que nous fixerons à seulement 100 euros par mois. Puis ils pourront ensuite rédiger des actes juridiques et défendre les intérêts de leurs clients sous l’étiquette «Lex4».Enfin après chaque acte juridique, ils percevront une commission»

Si la profession d’avocat ne semble pas menacer par ces transformations technologiques, selon Cédric Dubucq: c’est aussi parce que la legaltech affiche encore certaines limites : «Lors d’un contrat entre un fournisseur et un client, certaines clauses propres aux deux parties seront toujours négociées au préalable par des avocats. Les contrats proposés par la blockchain de la legaltech ne sont que des modèles génériques et ne peuvent pas tenir compte des particularités pour chaque entreprise. Le système n’est pas encore assez perfectionné pour réaliser cela», estime Cédric Atangana , fondateur de la société WeCashUp spécialisée dans le mobile-money.

Pas encore assez pointue pour répondre aux besoins spécifiques de chaque société, cette technologie simplifierait tout de même la vie des entreprises autant qu’il sécuriserait davantage les procédures selon ce dernier: «Avant le traitement d’un dossier pouvait prendre jusqu’à trois semaines. Aujourd’hui, tout est réglé en 10 minutes. Imaginez ce que cela représente lorsque vous avez, comme nous, 5 000 dossiers à faire traiter juridiquement lors de l’enregistrement d’un nouvel utilisateur sur notre base de données. Puis ce système est à 90% plus fiable car il permet l’enregistrement automatique des pièces d’identité de chaque utilisateur lors de l’ouverture d’un espace client afin d’ éviter d’éventuels fraudes ou litiges commerciaux.». S’il est trop prématuré pour évaluer son impact sur le climat des affaires. Il n’empêche que la legaltech se donne l’objectif d’assurer une meilleure transparence des opérations commerciales et rassure ainsi les investisseurs.

par Rudi Casby
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