Comores

Aïcham Itibar : Le business partner

Avec son caractère passionné, son esprit vif et son tempérament de challenger, AÏcham Itibar accompagne les sociétés voulant implanter leur activité aux Comores. Des investissements prometteurs, puisque la zone figure depuis peu parmi les pays « à revenus intermédiaire ». Portrait de l’avocat qui bouscule le monde des affaires dans l’océan Indien. 

Les avocats africains ont parfois une image conventionnelle, classique. Aïcham Itibar serait-il l’exception qui confirme la règle ? Il suffit de constater le rapport qu’il entretient avec ses clients pour s’en convaincre. « Je les tutoies tous, explique le Comorien qui revendique avec joie son statut de trublion et d’homme moderne. C’est un détail qui a son importance. Pour moi, le devoir de loyauté prime sur le devoir d’indépendance. » Une relation de confiance, voire même d’amitié qui lui permet de bâtir des rapports de proximité avec ses clients (principalement des investisseurs étrangers). De s’inscrire comme un véritable business partner afin de les aider à développer leur activité sur le territoire comorien. Il faut dire que la zone a tout pour séduire les entreprises étrangères, le pays figurant dorénavant non plus du côté des pays pauvres, mais parmi les pays en voie de développement. Pour enfoncer le clou et convaincre définitivement les sociétés étrangères de s’implanter sur le territoire nationale, les autorités comoriennes ont récemment adopté une nouvelle règlementation favorisant les investissements étrangers. Celle-ci prévoit, entre autre, un cadre juridique sécurisant. Fier du tournant qu’emprunte son pays, Aïcham Itibar a bien l’intention de contribuer à son rayonnement économique. Mais pas à n’importe quel prix. Hors de question pour cet homme de droit qui exerce son métier avec passion d’accompagner des chefs d’entreprises peu vertueux. 

« Mes clients s’inscrivent dans une logique « win-win », assure-t-il. Lors d’une opération, tout le monde doit être gagnant : la société qui investit d’une part et les Comores d’autre part. Si je réalise qu’un client ne partage pas cette vision des choses ou ma philosophie en général, je préfère le diriger vers un confrère. »

Reconnu pour ses qualités humaines, l’avocat est également et avant tout plébiscité pour sa vivacité d’esprit et ses connaissances techniques. « Il maîtrise parfaitement les sujets juridiques, notamment le droit OHADA*, mais aussi les sujets business en général, estime Gary Cheuk, le directeur juridique du groupe Telma qui fait régulièrement appel aux conseils de l’avocat. Il attache par ailleurs une grande importance à la parole donnée. Il tient ses engagements et fait comprendre à ses interlocuteurs qu’il attend la même chose en retour. »

Un solide réseau 

Un caractère entier qui lui permet de tirer son épingle du jeu. Plus jeune pourtant, il n’envisage pas de porter la robe. Encore moins de se faire un nom dans le monde des affaires. Le jeune homme rêve de devenir médecin. Comme son père. Rebelle dans l’âme, il décidera finalement de prendre le contre-pied familial en s’engageant dans une carrière juridique. « L’avocat est un peu comme un médecin social », réalise progressivement celui qui aime aider les autres. Pour se former, il étudie le droit, d’abord aux Comores, puis à Madagascar. Dès la fin de son cursus, il est choisi, après un recrutement collégial réalisé par l’Université des Comores, pour intégrer l’équipe de consultants-universitaires au sein de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies. Un rôle qui lui permettra d’être repéré pour intégrer la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Comores en tant que directeur juridique. Talentueux, il sera également désigné « Private Sector Liaison Officer » du Groupe de la Banque Mondiale. Voyageant aux quatre coins du continent africain pour les besoins de sa fonction, l’homme perfectionne progressivement sa formation juridique et sa connaissance du monde des affaires. Il prend alors conscience des besoins des investisseurs étrangers et imagine des solutions. C’est lui qui sera notamment à l’initiative de la création de la Cour d’Arbitrage des Comores. Une expérience qui lui permet aussi de se forger un solide réseau. Si bien que, en 2014, lorsqu’il décide de devenir avocat, il dispose d’ores et déjà de son propre portefeuille de clients. « En tant que directeur juridique, mon rôle consistait à conseiller les membres de la Chambre de Commerce, raconte-t-il. En devenant avocat, j’ai été amené à faire la même chose, mais en portant une robe noire. »

L’union des cabinets d’affaires de l’océan Indien 

Après avoir suivi les trois années de stage obligatoires pour prétendre au titre d’avocat, Aïcham Itibar fonde sa propre structure (Itibar & Avocats associés). Rapidement, il s’entoure de professionnels compétents avec qui il partage la philosophie. La même volonté de se montrer ouvert aux différences culturelles d’une part et de se rendre un maximum disponible pour les clients d’autre part. « Nous voulons nous entourer de personnes passionnées par le droit et qui aiment le challenge », explique celui qui se pose comme un véritable leader. Un trait de caractère que souligne volontiers son associé, Moncef Saïd Brahim :  « Il fait preuve de beaucoup de générosité dans sa façon de conduire le cabinet. Nous sommes exigeants avec les équipes, ce qui n’empêche pas une atmosphère chaleureuse qui pousse chacun des membres à rester humble et simple. » S’il bénéficie d’un charisme qui lui permet d’attirer les entreprises, Aïcham Itibar reste lucide. Il le sait : l’union fait la force. C’est pourquoi la maison fait partie de l’association des cabinets d’affaires de l’Océan Indien. « Toutes les structures qui sont membres de ce groupe s’imposent une certaine exigence en terme de qualité », assure ce perfectionniste, avant d’énumérer quelques une des firmes du réseau : Fidal, le cabinet Prevost & Associés (également installé à Paris et Marseille), la structure malgache Félicien Radilofe…  Et d’autres professionnels du droit qui s’inscrivent comme les plus talentueux de la région. 

Vaincre et convaincre

Challenger dans l’âme, Aïcham Itibar aime être au plus proche de ses clients. Et ce n’est pas Gary Cheuk qui dirait le contraire. « Quand notre groupe a voulu s’implanter dans la zone, nous avons travaillé avec Aïcham Itibar sur des sujets de droit des sociétés bien sûr, mais aussi sur des questions de réglementation en matière de télécommunications ou sur des sujets environnementaux, témoigne-t-il. Des thématiques qu’il ne maîtrisait pas particulièrement, mais il sait s’informer et s’adapter pour assimiler des notions complexes.» Si le cabinet a vocation à s’agrandir prochainement — l’ouverture de trois nouveaux bureaux est prévue dans la région —  il a vocation à rester une maison à taille humaine. Un sujet important pour celui qui est attaché à ses racines et n’envisage par conséquent pas de associer avec une firme internationale. Encore moins de s’installer dans une grande capitale occidentale. Battant de nature, il assume exercer un métier « de guerrier ». Pour canaliser son énergie et évacuer le stresse, il pratique la boxe chaque semaine. A l’aise sur le ring comme dans un prétoire — ou même face aux élus de l’Assemblée nationale lorsqu’un dossier le nécessite — cet orateur hors pair sait capter son auditoire et user du verbe pour convaincre et vaincre. Une prouesse.

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